Le cyclisme m’a toujours passionné. Mon grand-père maternel, Marcel Godeau, connaissait par cœur tous les exploits cyclistes de son temps.
Les vacances à Lasne, chez Edgar P. Jacobs, étaient toujours très agréables. La photo inédite montre un coin de la cuisine. L’anecdote qui suit s’est précisément passée dans cette pièce, Fernand assis sur la chaise rouge visible à droite.
Les jours où Fernand Goossens, un menuisier, travaillait dans la propriété, ma grand-mère Jeanne l’invitait vers 16 h à boire une tasse de café ou un verre de bière dans la cuisine. En juillet, elle allumait le poste de télévision afin qu’il puisse suivre l’étape du Tour de France. Je me souviens qu’en 1969, Eddy Merckx avait une avance considérable sur ses poursuivants. C’était son tout premier tour et Fernand en avait les larmes aux yeux de joie. Ce moment fut aussi très fort pour moi. J’entrais dans l’adolescence et l’idée de participer à des courses cyclistes me trottait dans la tête. Ma mère s’y est fermement opposée. Edgar P. Jacobs me rappelait les conseils de son médecin : « faites du sport, mais pas de la compétition. » Toujours est-il que, sans le savoir à l’époque, à quelques années d’écart, je me suis inscrite dans le même établissement scolaire qu’Eddy Merckx. Nous voulions disposer des moments de congés (mardi, mercredi, vendredi et samedi après-midi), Eddy pour faire du vélo et moi pour me consacrer… à l’étude du piano !
Le Salon littéraire « La Plume Vagabonde » recevait à Sorlre-sur-Sambre (Erquelinnes) ce 23 avril dernier Jean-Marie Leblanc, l’ex-patron du Tour de France. Il était impossible pour moi de rater un tel événement après avoir assisté au départ d’une étape proche de mon domicile, là où Jean-Marie Leblanc avait hissé le drapeau depuis sa voiture pour lancer la course… J’ai encouragé Eddy Merckx en 1975 sur les hauteurs de Guillestre, juste avant qu’il ne se fasse lâcher dans l’Izoard. Sans oublier un prix Cyclisme International reçu en 1992 : invitée d’honneur pour suivre l’étape Grenoble – Alpe d’Huez du Tour de France féminin et trinquer avec les organisateurs et Bernard Thévenet après l’arrivée. Le car panoramique d’une équipe italienne dans lequel nous (les quelques heureux gagnants du concours) sommes montés à l’Alpe d’Huez a été pris en charge dans les virages par un des deux motards de la voiture de Chirac, alors maire de la ville de Paris… Cela fait plaisir d’avoir à son palmarès (hors course bien entendu) l’ascension des cols de l’Izoard et de Vars, ainsi que celui de la Schlucht dans les Vosges. Je pratique encore ce sport en solitaire ou avec mon club, sur un vélo Merckx…
Jean-Marie Leblanc me dédicace son livre Le Tour de ma vie, Solar.
Hélas aujourd’hui, je n’ai plus le feu sacré et vois d’un mauvais œil certains vainqueurs. Les multiples cas de dopage et les doutes qui planent m’ont enlevé toute illusion. A quand le jour où tous les coureurs comprendront que la triche n’est pas un bon exemple à inculquer aux jeunes et encore moins une image de marque de leur sport favori ? L’envie me reviendra alors seulement de me place
r au bord des routes ou devant la télé…
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La pré-maquette de mon livre sur la vie d’Edgar P. Jacobs est à présent terminée. Mon éditeur me demande de lui envoyer les documents sélectionnés afin de préparer la maquette définitive. Que certains se rassurent, cet extrait, consacré au cyclisme, n’entre pas dans le récit de mon livre. Jacobs a bien roulé à vélo, mais ne s’intéressait pas à ce sport de haut niveau.
Photos © Viviane Quittelier







