Je remercie toutes les personnes qui m’ont fait part de leur appréciation pour mon ouvrage « E. P. Jacobs, Témoignages inédits » paru chez Mosquito. Certains m’ont également posé quelques questions auxquelles je leur ai répondu par mail. Vous trouverez ci-après une sélection de ces questions et mes réponses.
Marc Jaune :
Pour le personnage de Mortimer on sait maintenant pourquoi il était le préféré de votre grand-père. Par contre, je suis surpris que Blake ne soit pratiquement pas cité dans votre ouvrage. Son modèle est connu, mais son caractère me semble bien effacé tout de même. Est ce que Jacques Laudy connaissait Henri Quittelier, votre grand père, modèle d’Olrik ?
Viviane Q :
Connaître non. Jacobs ne voyait plus mon grand-père paternel quand il a fait la connaissance de Laudy en 1923. Laudy étant fort lié avec Jacobs, il n’est pas impossible qu’une rencontre ait eu lieu par la suite, en 1926 ou 1927, quand Jacobs revoyait mon grand-père. Laudy n’était pas au courant des modèles autres que le sien pour Blake et de Van Melkebeke pour Mortimer.
Personnellement, je n’ai pas rencontré Jacques Laudy, sauf aux funérailles de Jacobs. Il m’est donc difficile d’en rajouter, en dehors de ce que ma mémoire a bien pu retenir des explications de Jacobs reprises dans l’ouvrage.
Marc Jaune :
Pour parler du célèbre « colonel » j’ai été vraiment impressionné de constater que Jacobs en avait fait une véritable obsession. Il en est arrivé à détester tellement son modèle que c’était une épreuve pour lui de dessiner Olrik et qu’il avait envisagé sérieusement de le faire disparaitre purement de ses aventures.
Viviane Q :
Il n’y a pas qu’Olrik ! Olrik et Sharkey explosent à la fin de Sato (tome 2) !
Marc Jaune :
Mais, en plus, il n’y avait quasiment que lui (NDLR : Jacobs), et vous même bien entendu, qui était au courant du lien entre les deux personnages. A ce propos, j’aimerais vous demander si votre grand-mère s’intéressait de près aux travaux d’Edgar et si, ce dernier, la mettait dans la confidence ? Car je sais que le créateur de Blake et Mortimer avait la manie du secret et que même votre père, un de ses collaborateurs les plus fidèles, ne savait pas quelle était la finalité de ses informations ou de ses multiples poses !!
Viviane Q :
Oui, ma grand-mère savait tout et n’en parlait pas ou très peu. D’où son silence dans mon livre. Relisez à ce propos la conclusion émouvante de Jean-Luc Vernal p 335.
Marc Jaune :
Voilà je voudrais terminer ce mail par deux questions très précises :
A la page 183, votre grand-père parle de la Planche 51 du Mystère de la pyramide (tome 1). Il dit « par l’intermédiaire de Nasir, j’encaisse le coup de mon rival ». Or, dans cette case c’est Abbas, alias Blake, qui reçoit le coup de poing de Sharkey !! Peut-être une confusion dans la mémoire de Jacobs , non ?
Viviane Q :
Non, c’est moi qui ai confondu. J’ai tapé Nasir au lieu de Abbas. D’ailleurs les deux personnages ont une certaine ressemblance.
Marc Jaune :
En page 277 vous signalez, en note n° 2, que les 40 premières planches de l’Affaire du Collier ont été exécutées de mars 63 à mai 65. La parution commençant dans Tintin en aout 65. Or, dans les pages suivantes, Jacobs n’arrête pas de se plaindre du rythme effréné de deux planches par semaine. Pour les 40 premières planches cela lui a pris près de 110 semaines pour les dessiner et, si je sais bien compter, le ratio est d’environ 2 semaines 3/4 pour 1 planche !!
Pourriez vous m’expliquer cette contradiction ?
Viviane Q :
La parution de deux planches par semaine, entamée quand la suite était déjà bien avancée, rattrapait Jacobs qui avait l’impression d’avoir un TGV à ses trousses.
Lire la note 1 de bas de page 282 : « La parution dans le journal Tintin se réduit à une seule planche à partir de la page 31. »
Jacobs a dû considérablement accélérer le rythme pour arriver à réaliser une planche par semaine, alors que le ratio avant la parution était d’environ 2 semaines 3/4 pour une planche !
(à suivre…)