Mois : juin 2010

  • Avant-propos de E.P.Jacobs, Témoignages inédits

     

    E. P.Jacobs, Témoignages inédits est annoncé sur le site passiondulivre. On peut y lire un extrait, le début de l’avant-propos que voici :

     


    Edgar P. Jacobs aimait se mettre dans la peau d’un personnage et prenait son rôle très au sérieux. Sa bande dessinée se devait d’être sérieuse également, tout autant que lui-même l’était. Ainsi posait-il pour les photographies officielles, devant sa bibliothèque ou sa panoplie d’armes, les lunettes à la main, pour affirmer l’aspect raisonnable et «british» de son oeuvre. Il cachait effectivement bien son jeu derrière ce masque figé, au point que certains le prenaient carrément pour un Anglais !

    Homme joyeux de nature, il appréciait l’humour et savait rire. S’il travaillait énormément, il consacrait néanmoins une place importante aux moments de détente. Il prenait alors le temps de vivre, de respirer et de partager ses souvenirs. Il racontait les anecdotes de sa vie, les mimant avec plaisir tout en changeant son timbre de voix, en homme de théâtre qu’il était ! Je montais régulièrement dans son atelier pour le regarder travailler. Il m’expliquait ce qu’il était en train de faire, puis il prenait dans l’étagère placée derrière lui un de ses albums de bande dessinée pour me le commenter.

    Je suis née le 7 juin 1956 à la clinique de Watermael-Boitsfort dans la banlieue de Bruxelles. Le lendemain, Edgar P. Jacobs y a conduit ma grand-mère paternelle, Jeanne Faignart. Il l’a accompagnée pour venir me voir dans la chambre de la maternité.

    Jeanne Faignart avait épousé Henri August Quittelier en 1927. Elle avait eu avec lui un fils René, né en 1929, qui deviendra mon père, puis une fille Laurette. Ma grand-mère se sépara et demanda le divorce en 1952. L’année suivante, le créateur de Blake et Mortimer réalisait les premiers dessins de la Marque Jaune. Jeanne commença alors à partager sa vie en s’installant avec lui incognito dans l’agglomération bruxelloise. Elle le suivra dans le Brabant wallon et l’épousera plus tard en secondes noces.

    Ma grand-mère admettait mes sorties dans les avenues calmes de Woluwe sous la garde de mes petites cousines âgées de quinze et treize ans. Par contre, lorsqu’elle apprend qu’elles m’ont emmenée à l’Expo ’58, elle change de ton. Confier un bébé de deux ans à des gamines dans une manifestation aussi importante qu’une exposition universelle ! Jeanne est une femme réputée froussarde. Elle s’imagine les pires malédictions présentes dans les aventures de Blake et Mortimer. Elle craint que je ne sois victime d’un malheur ou d’un enlèvement. Au fond, elle veut se rassurer en me gardant près d’elle pendant quelques jours. Elle tente de convaincre mes parents en prétextant que l’air de la campagne est certainement plus bénéfique que celui de la ville et que j’y serais plus en sécurité. Elle me réclame et ma mère finit par accepter.

     

  • Questions et réponses sur E. P. Jacobs (5)

    Je suis maintenant confortablement installée dans un tout nouveau fauteuil de direction ! Quant à l’ordinateur, sa remise en état semble impossible pour certains problèmes. Je poursuivrai donc avec le matériel tel quel en attendant de me décider d’en acheter un nouveau. Chaque chose en son temps…

     

    Comme promis, la suite des questions-réponses au sujet de mon ouvrage Edgar P. Jacobs, Témoignages inédits.

     

    Patrick V : Il y a une chose pour laquelle tu pourrais m’aider : je ne visualise pas bien la disposition des lieux dans le Bois des Pauvres (la route de Genleau, le chemin menant à la villa, les sentiers 69 et 70). Pourrais-tu me faire un petit plan, cela m’aiderait lors de la relecture, car ton livre est si riche que je compte bien le relire.

     

    Bois des Pauvres 001

    VQ : Merci Patrick et à tous ceux qui se sont manifestés d’une manière ou d’une autre !

    Voici quelques explications du plan ci-contre réalisé par E. P. Jacobs dans les années 1960.

     

    Faignart : prairie et au fond (extrémité gauche) le Bois des Indiens.

    La ligne oblique, séparant la prairie du verger, correspond à un talus au-dessus duquel je me cachais pour tirer sur les soi-disant Indiens de mon imagination.

    Hachuré en vert : le bois de sapins Douglas et le bois de feuillus.

     

    La route de Genleau est tracée à l’horizontale au sud (en dessous sur le plan).

    Le chemin du Bois des Pauvres passe entre les propriétés Roch, Delpierre, Nyns et Goossens. 

    On aperçoit le trait représentant la barrière à l’entrée de la propriété de Jacobs. 

    La courbe à droite représente la séparation d’une pelouse et le bois de sapins Douglas ; le sentier n° 70 entrait dans la propriété en suivant cette courbe et se poursuivait vers l’est dans le bois ; l’ancien chemin d’accès à l’époque du docteur Galland suivait plus ou moins la courbe plus à l’est, carrément dans le bois.

    Le chemin tracé à l’encre depuis la barrière est le chemin menant encore aujourd’hui à la villa.

    On peut deviner le sentier n° 69 tracé au crayon depuis la barrière, longeant la propriété de Nyns et se poursuivant en partie dans la prairie.