National Geographic France présente ce mois-ci Paris souterrain : fêtes, cérémonies et lieux secrets. On n’y relève aucune allusion à Blake et Mortimer, mais, dès les premières phrases de l’article, le lecteur peut faire un rapprochement avec L’Affaire du Collier :
« CE SAMEDI MATIN, LE TAXI ROULE LENTEMENT sur les grandes avenues endormies quand, à un feu rouge, un vague mouvement attire mon attention : un homme en bleu de travail sort d’un trou dans le trottoir. » (M 04020 – 137, National Geographic, férvrier 2011, page 6.)
Ce n’est certes pas tout-à-fait le début de l’histoire conçue par Edgar P. Jacobs, mais l’article de Neil Shea nous emmène dans les souterrains parisiens. Les plans détaillés permettent de bien comprendre l’histoire des lieux, celle des catacombes, des effondrements dont celui de 1961 entre Clamart et Issy-les-Moulineaux. On peut comparer et se rendre compte de ce que E. P. Jacobs a pu savoir au sujet des carrières parisiennes et les éléments qui lui manquaient, faute de n’avoir pu retourner sur place. Car la carrière dessinée dans l’album ne correspond pas à celle de Paris (cf. mon ouvrage p 283-285).
« … personne n’a jamais pénétré dans le présent puisard. L’eau y est immobile. La lumière de notre lampe se réfracte sur un vide vert émeraude. » (National Geographic, férvrier 2011, p. 22-23.) Jacobs savait que la couleur régnant près des puits était d’un vert émeraude (L’Affaire du Collier, éditions du Lombard, p. 44-45).
Lorsqu’il a réalisé le shéma page 51, il s’est reporté aux cartographies des souterrains. Passionné d’Histoire, il y a représenté quelques Allemands et résistants de la Seconde Guerre mondiale. La chambre de garde serait celle des Allemands dans leur bunker. On peut reconnaître (d’après le croquis de la page 14, National Geographic, février 2011) le puits d’accès de l’IGC (Inspection Générale des Carrières) dans lequel une échelle mène au poste de guêt (L’Affaire du Collier, p. 51). Gros Louis, Jo ou encore Herman pourraient être des résistants.
« Au bas de l’échelle, nous nous accroupissons dans un passage étroit… » (National Geographic, férvrier 2011, page 6.) On peut remarquer l’espace restreint dans lequel Herman est assis !
L’inspiration du bain de Duranton dans un puits est certainement un amalgame entre ses joies de la baignade (plaisir du bain scolaire hebdomadaire du jeune Jacobs) et une allusion aux bains publics romains dont les vestiges dans le quartier latin en attestent l’existence.
Dans son article, Neil Shea fait référence à des oeuvres bien connues du créateur de Blake et Mortimer : Les Misérables de Victor Hugo, Le Fantôme de l’Opéra. Il y est aussi question d’une armée d’ouvriers qui, dans les années 1920, créèrent à plus de 40 m sous la banque de France un espace unique en son genre abritant les quelque 2.600 t de réserves d’or du pays. On y relève encore que des égouttiers affirment avoir trouvé des bijoux, portefeuilles, armes…
Olrik pensait avoir volé le vrai collier de la Reine, mais il s’était fait rouler comme un débutant…
