Mois : mai 2012

  • Sur le champ de bataille de Waterloo

    Passionné d’histoire, le jeune Edgar P. Jacobs s’amusait à reproduire les grandes batailles avec des petits soldats de plomb. Il était plein d’admiration devant les exploits de Napoléon et avait réalisé un dessin à la plume de l’Empereur vers l’âge de quinze ans:

     

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    Déjà à cinq ou six ans, le tout jeune gamin avait visité les principaux sites du champ de bataille de Waterloo avec ses parents. Combien de fois il y est retourné par la suite, en empruntant le chemin de fer vicinal qui passait tout près de la butte du Lion, mais aussi au volant de sa voiture. Sa villa du Bois des Pauvres était située non loin de la célèbre butte. A la venue du comte de Flandre qui s’était perdu en chemin sur le champ de bataille, Edgar P. Jacobs est parti à sa rescousse. Il l’a retrouvé à l’auberge des Trois canards et avait comparé sa rencontre à celle historique de Wellington et de Blücher… 

     

    Une photo officielle d’une reconstitution historique mise en exergue à proximité du musée:

     

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    J’ai participé cette semaine à une promenade instructive sur le circuit du champ de bataille de Waterloo avec une bande de copains marcheurs. Une occasion de profiter de la nature qui reverdit en ce mois de mai, malgré des températures plutôt basses pour la saison, comme on peut le constater aux tenues vestimentaires. On me voit au fond à droite, à moitié cachée:
     

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    Nous venons à peine d’entamer le circuit pour revivre les hauts faits de la bataille de Waterloo. Ci-dessus, n
    ous nous trouvons pratiquement à l’emplacement de l’arrêt du tram vicinal d’autrefois. 


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    Notre guide du jour, Jacques, avait potassé sa matière depuis plusieurs semaines. Les grandes batailles sont aussi son dada. Il aborde ici les armes utilisées et nous montre leurs dimensions
    Nous apprenons le rôle de l’artillerie lourde et légère, les tactiques, les erreurs… et aussi l’existence des femmes qui accompagnaient les troupes, à savoir les vivandières et même des prostituées intégrées dans un système régenté et très strict. 

    Noisette nous accompagne et écoute attentivement les explications du guide: 

     

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    Une dalle commémorative aux unités du 6e régiment d’artillerie à pied du colonel Hulot qui, le 18 juin 1815, ont appuyé de leurs feux efficaces les attaques du 1er corps d’armée français: 

     

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    Le mémorial dédié aux derniers combattants de la Grande Armée:

     

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    La fin du circuit et le retour vers la célèbre butte du Lion:

     

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     Le sommet de la butte et son Lion symbolisant la victoire, la gueule ouverte tournée vers la France vaincue, la patte sur un boulet de canon représentant la paix que l’Europe a conquise à l’issue de la bataille: 

     

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    Puis, nous passons à table pour fêter l’anniversaire de l’une des nôtres. C’est la tradition au sein de notre groupe. C’est aussi une partie de plaisir, les blagues vont bon train…

     

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    … et furent entrecoupées de nouvelles représentations guerrières:

     

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    Merci à Jacques pour son travail de recherches et de partage,
    Merci à Brigitte et Jean-Louis pour leur reportage photos. 


    On vient de commencer les travaux de réhabilitation de la butte du Lion en vue du bicentenaire qui aura lieu en juin 2015. 

    Le but est de redonner aux visiteurs le décor de la morne plaine décrite par Victor Hugo.

    Lors de notre visite, des bûcherons abattaient des arbres qui cachaient la vue du Lion depuis le parking face à la taverne-restaurant Au bivouac de l’Empereur.  

    Quelques chiffres:

    – 18 juin 1815

    – la butte fut achevée en 1826

    – 126 villes portent le nom de Waterloo à travers le monde dont une en Antarctique

    – 18 juin 2015, deux cents ans après la bataille
     

    Voir la vidéo du futur mémorial souterrain:

     

    Le futur Memorial du Lion de Waterloo – Ma-Tvideo France3
    Découvrez la visite virtuelle du futur mémorial souterrain de 6.000 m2; dont le chantier a débuté ce mercredi 9 mai 2011

    Mots-clés : lion waterloo furlan



  • La gare de Crefeld Nord

    Nous avons repéré l’endroit du camp où Edgar P. Jacobs a fait son service militaire en 1924-1925. L’entrée devait se trouver sur la Hückelsmaystrasse, à l’extrémité sud-ouest du territoire de Krefeld. On peut observer un net recul du champ sur Google Earth le long de la Hückelsmaystrasse. La limite du champ, strictement parallèle à la chaussée de chaque côté de ce recul, devient courbe entre deux arbres. Elle contourne une zone apparemment impossible à labourer à cause des fondations encore existantes dans le sol. 

    Mon grand-père m’a raconté qu’il devait marcher un peu moins de six kilomètres entre la gare de Crefeld et le camp. Lorsque j’ai programmé la Hückelsmaystrasse depuis l’ancienne gare de Crefeld-Nord, mon GSP indiquait bien cette distance entre les deux croix tracées sur la carte, en passant par la Forstwaldstrasse:

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    Voici quelques vues de la gare de Crefeld-Nord, aujourd’hui musée et curiosité touristique:

     

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    La gare, le quai, une locomotive et le personnel en 1900:

     

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    Le chef de gare entré en fonction le 1er octobre 1924, quand Edgar se trouvait à Crefeld:

     

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    Ces deux documents d’époque sont exposés dans la Nordbanhof, 
    ancienne gare de Crefeld-Nord:

     

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    dont voici le buffet prêt à accueillir les prochains clients:

     

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    et 
    l’ancien guichet de billets au centre de la photo:

     

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    Il y eut quelques affrontements au début de l’occupation, notamment en janvier 1923
    , devant la carence de l’Allemagne dans le paiement des réparations en espèces et en charbon. La France et la Belgique ont dès lors procédé au contrôle du Bassin Industriel de la Rhur. L’Allemagne y opposa une résistance passive officielle, doublée d’une résistance active par des bandes d’agitateurs. La réplique énergique entraîna la réquisition des gares, l’exploitation des réseaux par des cheminots français et belges, la saisie des marks et des stocks, et bien d’autres mainmises. Les troupes y furent associées et des attentats se produisirent en 1923. Une vingtaine de soldats belges et français furent tués et une soixantaine blessés, côté allemand 300 tués et 2000 blessés.

    Le gouvernement allemand mis fin à la résistance passive le 20 septembre 1923, quelques mois avant l’arrivée d’Edgar P. Jacobs à Crefeld. Le dernier détachement belge a quitté la Rhur le 20 juillet 1925, seulement quelques semaines après le retour d’Edgar en Belgique.

    Pour conclure, voici un écrit d’un critique militaire anglais réputé, le colonel Repington: 

    « Les troupes belges sont pour la plupart jeunes… excellemment entraînées et bien dressées. Elles font honneur à leur pays*. »

    Edgar P. Jacobs en faisait partie. 

    *Extrait de Histoire de la Belgique contemporaine, 1914-1970, La renaissance du livre, p. 354.


    N.B. Ce livre, imprimé en Belgique, n’aborde pas les écrits vantant les troupes françaises pendant l’occupation en Allemagne, ni l’honneur qu’elles ont certainement rendu à leur pays, au même titre que les troupes belges.