Nous avons repéré l’endroit du camp où Edgar P. Jacobs a fait son service militaire en 1924-1925. L’entrée devait se trouver sur la Hückelsmaystrasse, à l’extrémité sud-ouest du territoire de Krefeld. On peut observer un net recul du champ sur Google Earth le long de la Hückelsmaystrasse. La limite du champ, strictement parallèle à la chaussée de chaque côté de ce recul, devient courbe entre deux arbres. Elle contourne une zone apparemment impossible à labourer à cause des fondations encore existantes dans le sol.
Mon grand-père m’a raconté qu’il devait marcher un peu moins de six kilomètres entre la gare de Crefeld et le camp. Lorsque j’ai programmé la Hückelsmaystrasse depuis l’ancienne gare de Crefeld-Nord, mon GSP indiquait bien cette distance entre les deux croix tracées sur la carte, en passant par la Forstwaldstrasse:

Voici quelques vues de la gare de Crefeld-Nord, aujourd’hui musée et curiosité touristique:



La gare, le quai, une locomotive et le personnel en 1900:

Le chef de gare entré en fonction le 1er octobre 1924, quand Edgar se trouvait à Crefeld:

Ces deux documents d’époque sont exposés dans la Nordbanhof, ancienne gare de Crefeld-Nord:

dont voici le buffet prêt à accueillir les prochains clients:

et l’ancien guichet de billets au centre de la photo:

Il y eut quelques affrontements au début de l’occupation, notamment en janvier 1923, devant la carence de l’Allemagne dans le paiement des réparations en espèces et en charbon. La France et la Belgique ont dès lors procédé au contrôle du Bassin Industriel de la Rhur. L’Allemagne y opposa une résistance passive officielle, doublée d’une résistance active par des bandes d’agitateurs. La réplique énergique entraîna la réquisition des gares, l’exploitation des réseaux par des cheminots français et belges, la saisie des marks et des stocks, et bien d’autres mainmises. Les troupes y furent associées et des attentats se produisirent en 1923. Une vingtaine de soldats belges et français furent tués et une soixantaine blessés, côté allemand 300 tués et 2000 blessés.
Le gouvernement allemand mis fin à la résistance passive le 20 septembre 1923, quelques mois avant l’arrivée d’Edgar P. Jacobs à Crefeld. Le dernier détachement belge a quitté la Rhur le 20 juillet 1925, seulement quelques semaines après le retour d’Edgar en Belgique.
Pour conclure, voici un écrit d’un critique militaire anglais réputé, le colonel Repington:
« Les troupes belges sont pour la plupart jeunes… excellemment entraînées et bien dressées. Elles font honneur à leur pays*. »
Edgar P. Jacobs en faisait partie.
*Extrait de Histoire de la Belgique contemporaine, 1914-1970, La renaissance du livre, p. 354.
N.B. Ce livre, imprimé en Belgique, n’aborde pas les écrits vantant les troupes françaises pendant l’occupation en Allemagne, ni l’honneur qu’elles ont certainement rendu à leur pays, au même titre que les troupes belges.

Commentaires
Une réponse à “La gare de Crefeld Nord”
Mijn vader was in 1924 als stoker bij de Belgische Staatsspoorweg als vrijwilliger vertrokken in het depot van Crefeld. Ik bezit nog een foto op 1 mei 1924 genomen op de draaibrug voor lokomotieven
genomen met een bord voraan de lokomotief met opschrift:Cheminots Belge – Atelier de Crefeld. Een tiental personaliteiten poseren er ook op. Mijn vader als laagstgerangschikte bevindt zich achteraan in de lokomotief type 3009. Enkele jaren geleden heb ik een afdruk van deze foto met de post verstuurd naar het Bahnhoff Crefeld maar heb nooit enige
reactie ontvangen.
Joseph Beck
Traduction :
Mon père était chauffeur à la voie ferrée de l’État belge en 1924, comme bénévole dans le dépôt de Crefeld. Je possède une autre photo prise le 1er mai 1924 sur le pont tournant pour locomotives avec un panneau visible sur le devant de la locomotive: Cheminots Belges – Atelier de Crefeld. Une douzaine de personnalités ont ainsi posés. Mon père, vu son rang, est situé à l’arrière de la locomotive type 3009. Il y a quelques années, j’ai envoyé une copie de cette photo à la Crefeld Bahnhoff, mais je n’ai jamais reçu de réponse.
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