Mois : juillet 2012

  • Haddock: Hergé et Jacobs

    Edgar P. Jacobs se retrouve dans le capitaine Haddock d’après les dires d’Hergé, mais il n’est pas le seul à y avoir apporté une part de lui-même. Le père de Tintin et Milou nous éclaire sur ses propres influences dans ses personnages principaux. Voici ce qu’il a répondu en 1971 à un journaliste lors d’une interview filmée:

    « … et quant au capitaine Haddock, eh bien, lui se met parfois en colère, ce qui m’arrive aussi… et il aime bien un bon verre de Whisky, ce que j’aime bien aussi… Donc il y a une part de tous mes personnages dans moi-même… » 

    Ce qui explique qu’Edgar P. Jacobs ne se retrouvait pas vraiment dans le capitaine Haddock, à part quelques postures

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    et expressions caractéristiques: animal, bande de…, bandit, blague, bougre de…, brigand, brute, canaille, chauffard, énergumène, espèce de…, gaillard, zouave,… Il buvait aussi un bon verre de Whisky pour accompagner ses invités, avec modération.

    Lien vers la vidéo complète (durée 14 minutes)

  • Des démons aux jurons de Haddock

    Le salon littéraire La Plume Vagabonde – auquel j’ai été invitée à présenter mon ouvrage – recevait Luc Beyer de Ryke pour son dernier livre La Belgique et ses démons paru aux éditions Mols. Il est vrai qu’en ces temps où des courants sous-jacents menacent la continuité de notre Royaume, je souhaitais rencontrer le célèbre journaliste et politicien belge. Sa carrière de présentateur du journal télévisé belge fut particulièrement longue, comme celle de Patrick Poivre d’Arvor à la télévision française.

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    Luc Beyer de Ryke est bien connu dans le monde de Hergé. Lorsque Georges Rémi s’était rendu en Chine en 1973 dans l’espoir d’y retrouver Tchang, il était accompagné du journaliste et futur député européen Luc Beyer ! 

    Bien informée de ses contacts étroits avec Hergé, Véronique Flabat-Piot, la présidente-fondatrice du salon La Plume Vagabonde, a tenu à me présenter à l’issue de la soirée à l’auteur invité:

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    Photo Roland Flabat

     

    Au moment où cette photo a été prise, Luc Beyer me parlait d’Edgar P. Jacobs qui, d’après les dires de Hergé, aurait inspiré le capitaine Haddock. Je lui ai répondu que, si c’était vrai puique Hergé l’avait également confié à son collaborateur, Edgar Jacobs prétendait ne pas réellement se reconnaître dans le personnage, à part quelques postures caractéristiques. C’était principalement l’abus d’alcool du capitaine Haddock qui l’embêtait. Jacobs ne buvait qu’en des circonstances bien particulières et s’est toujours limité dans la quantité. Il tenait à garder l’esprit le plus clair possible.  

    Le capitaine est aussi réputé pour ses jurons et là l’influence de Jacobs a trouvé sa source. Je me suis rendue sur le site Wikipédia y relever le vocabulaire du capitaine Haddock. Voici quelques termes ou expressions que j’ai pu moi-même entendre de la bouche du créateur de Blake et Mortimer:

    animal, bande de…, bandit, blague, bougre de…, brigand, brute, canaille, chauffard, énergumène, espèce de…, gaillard, zouave,…

    Mais on est bien loin de l’imagination de Hergé qui a certainement donné plus d’ampleur au personnage qu’à son modèle. Jacobs aimait se défouler en lançant des termes forts lorsqu’une occasion se présentait et Hergé l’a certainement remarqué. Il lâchait ses mots en restant très sérieux. Cela me faisait sourire, non pas que je n’étais pas d’accord avec ses pensées, mais le côté burlesque et inattendu de ses réactions était un gag réussi.

    Dans son ouvrage La Belgique et ses démonsLuc Beyer trace les débuts de l’histoire de la Belgique. La propension à se référer à César pour célébrer la Gaule résistante, puis pacifiée et civilisée se retrouve jusque dans la bande dessinée, peut-on lire à la page 15 de son dernier livre. Luc Beyer fait allusion à Alix créé par Jacques Martin. Il brosse un court portrait du dessinateur né à Strasbourg : « …naturalisé belge, c’est au Journal de Tintin dans l’entourage d’Hergé, d’Edgar P. Jacobs*, de Bob de Moor et d’autres artistes belges qu’il (Martin) réalisa l’essentiel de son oeuvre« . 

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    Luc Beyer de Ryke fut à deux reprises parlementaire européen. Francophone de Flandre, il fut élu au conseil provincial et municipal de la ville de Gand, à l’époque où l’on comptait encore des représentants francophones au sein de la cité gantoise. Aujourd’hui, il n’y en a plus guère. Les temps ont bien changé ! Quand on pense que mon arrière-grand-père François Faignart, père de Jeanne qui devint l’épouse d’Edgar P. Jacobs, s’était marié à Gand. Son livret de mariage avait été rédigé en français !


    * mis en évidence en caractères gras par moi.