L’Espadon SX-1 version X-59

Quand la réalité continue à rejoindre la fiction.

Elle l’avait déjà rejoint en 1965, quelque vingt ans après l’invention de l’Espadon. Un article paru dans « Science et Vie » d’août 1965 annonçait la réalisation d’un véhicule « triphibie », suite à un concours de la U.S. Navy. Quelques mois après, le journal Tintin a pris la relève pour informer ses lecteurs peu au courant des inventions américaines. Voici un extrait de la chronique consacrée exclusisement à Jacobs dans le n° 52 de 1965 :

C’est ainsi que Jacobs eut l’idée de descendre une armoire à deux portes vitrées de sa remise et d’en faire un mini-musée dans « la chambre jaune » du Bois des Pauvres. Il y a rangé avec soin ses maquettes et miniatures ainsi que ses albums et articles intéressants.

J’avais l’habitude, en période de vacances scolaires, de dormir dans « la chambre jaune », cette pièce adjointe au salon. Nous avons inauguré le nouvel aménagement un soir de fin décembre 1966, j’avais dix ans. D’abord peu fournie, Jacobs y a ajouté ou remplacé des objets par d’autres au fil du temps et des événements. La photo date d’après 1981 :

Nous y voyons, dans la partie gauche, la maquette de l’Espadon et, à l’arrière-plan, le début de la chronique du journal Tintin n° 52 de 1965 montrant un avion semblable sortant des eaux quelque vingt ans après Le Secret de l’Espadon.

Aujourd’hui, la réalité se poursuit avec un avion hypersonique sans bang hypersonique. Si l’avion n’est pas sorti de l’eau, la ressemblance de sa silhouette au fuselage effilé et aux ailes courtes de l’Espadon est frappante !

Voici un extrait de l’article publié le 30 octobre 2025 sur le forum militaire français :

Le 28 octobre 2025, un avion longiligne (dont l’allure n’est pas sans rappeler un certain Espadon pour les fans de Blake & Mortimer !) s’est arraché du tarmac de Palmdale pour rejoindre la base de recherche de la NASA à Edwards. Son nom : X-59.
Sa mission : prouver que l’on peut voler à plus de 1 200 km/h sans briser les tympans des riverains.

Le X-59 n’est pas fait pour transporter des passagers. Pas encore. Il est là pour résoudre un vieux problème : le bang supersonique. Ce claquement sec qui suit tout appareil franchissant le mur du son a longtemps interdit tout vol supersonique au-dessus des terres habitées. Résultat : Concorde (*snif*) et consorts n’ont jamais pu survoler les États-Unis à pleine vitesse.

Lockheed Martin, via sa division Skunk Works, s’est attaquée à ce verrou acoustique. Le X-59 est un démonstrateur. Sa forme très allongée, son nez d’aiguille, ses entrées d’air travaillées, tout est fait pour étaler l’onde de choc.
L’objectif ? Transformer le “boom” en “thump”, un son sourd à peine perceptible, comparable à une portière qui claque à distance.

Ce premier vol, sans souci, a permis de vérifier les qualités de vol, la stabilité et les premières données aérodynamiques. Une étape indispensable avant les premiers vols supersoniques prévus dans les mois à venir.

Ceci n’est qu’un extrait de la publication. Je vous invite sur la page du site forum militaire français sur laquelle vous trouverez plus de texte, des renseignements techniques et d’autres photos de l’avion hypersonique en vol.

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