Catégorie : Actualité

  • Quelques brèves

    Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre fidélité. Avant les modifications de la maintenance des Skynetblogs, le compteur affichait plus de 59.000 visites depuis sa création en janvier 2008 !

    Quoi de neuf sur la nouvelle plate-forme ?

    Beaucoup de choses intéressantes et non des moindres : possibilité d’envoyer des Newsletters, de créer des albums photos, d’intercaler de nouvelles notes ou d’en déplacer, de mieux gérer les commentaires, etc… et surtout – ce que j’attendais avec impatience – la mise en mémoire automatique des nouvelles notes (utile lorsque que le PC s’éteint subitement comme le mien) et la possibilité de mettre à jour le blog depuis mon portable.

    Ah, si j’avais pu directement publier une photo lorsque j’étais en dédicaces à St Malo, Illzach ou Angoulême ! Il n’y aurait pas eu les retards accumulés au fil des mois !

    Dès à présent, ce sera possible !

    Prochain rendez-vous au Festival BD de Solliès-Ville les 27-28-29 août 2010, en direct sur ce blog !

    D’ici là, je tenterai de rattrapper mon retard et publier quelques albums photos…

    Bonnes vacances à chacun et chacune ! Clin d'œil

  • Au Furet du Nord

    Edgar P. Jacobs a participé à une séance de dédicaces au Furet du Nord, à Lille. Le 20 avril 1972, il a signé un album La Marque Jaune : « Pour Michel en toute sympathie avec le très cordial souvenir de… E. P. Jacobs« .

     

    Viviane au Furet du NordEn 2010, le Furet du Nord m’a invitée pour dédicacer Edgar P. Jacobs, Témoignages inédits, mais cette fois à Roubaix. C’était le 23 avril, presque 38 ans jour pour jour après mon grand-père.

     

    Pendant le Salon BD de Roubaix qui a suivi, Michel m’a raconté sa rencontre avec le créateur de Blake et Mortimer. Il m’a fièrement montré son album La Marque Jaune avant de me demander de lui dédicacer mon ouvrage…

     

  • Avant-propos de E.P.Jacobs, Témoignages inédits

     

    E. P.Jacobs, Témoignages inédits est annoncé sur le site passiondulivre. On peut y lire un extrait, le début de l’avant-propos que voici :

     


    Edgar P. Jacobs aimait se mettre dans la peau d’un personnage et prenait son rôle très au sérieux. Sa bande dessinée se devait d’être sérieuse également, tout autant que lui-même l’était. Ainsi posait-il pour les photographies officielles, devant sa bibliothèque ou sa panoplie d’armes, les lunettes à la main, pour affirmer l’aspect raisonnable et «british» de son oeuvre. Il cachait effectivement bien son jeu derrière ce masque figé, au point que certains le prenaient carrément pour un Anglais !

    Homme joyeux de nature, il appréciait l’humour et savait rire. S’il travaillait énormément, il consacrait néanmoins une place importante aux moments de détente. Il prenait alors le temps de vivre, de respirer et de partager ses souvenirs. Il racontait les anecdotes de sa vie, les mimant avec plaisir tout en changeant son timbre de voix, en homme de théâtre qu’il était ! Je montais régulièrement dans son atelier pour le regarder travailler. Il m’expliquait ce qu’il était en train de faire, puis il prenait dans l’étagère placée derrière lui un de ses albums de bande dessinée pour me le commenter.

    Je suis née le 7 juin 1956 à la clinique de Watermael-Boitsfort dans la banlieue de Bruxelles. Le lendemain, Edgar P. Jacobs y a conduit ma grand-mère paternelle, Jeanne Faignart. Il l’a accompagnée pour venir me voir dans la chambre de la maternité.

    Jeanne Faignart avait épousé Henri August Quittelier en 1927. Elle avait eu avec lui un fils René, né en 1929, qui deviendra mon père, puis une fille Laurette. Ma grand-mère se sépara et demanda le divorce en 1952. L’année suivante, le créateur de Blake et Mortimer réalisait les premiers dessins de la Marque Jaune. Jeanne commença alors à partager sa vie en s’installant avec lui incognito dans l’agglomération bruxelloise. Elle le suivra dans le Brabant wallon et l’épousera plus tard en secondes noces.

    Ma grand-mère admettait mes sorties dans les avenues calmes de Woluwe sous la garde de mes petites cousines âgées de quinze et treize ans. Par contre, lorsqu’elle apprend qu’elles m’ont emmenée à l’Expo ’58, elle change de ton. Confier un bébé de deux ans à des gamines dans une manifestation aussi importante qu’une exposition universelle ! Jeanne est une femme réputée froussarde. Elle s’imagine les pires malédictions présentes dans les aventures de Blake et Mortimer. Elle craint que je ne sois victime d’un malheur ou d’un enlèvement. Au fond, elle veut se rassurer en me gardant près d’elle pendant quelques jours. Elle tente de convaincre mes parents en prétextant que l’air de la campagne est certainement plus bénéfique que celui de la ville et que j’y serais plus en sécurité. Elle me réclame et ma mère finit par accepter.

     

  • Questions et réponses sur E. P. Jacobs (5)

    Je suis maintenant confortablement installée dans un tout nouveau fauteuil de direction ! Quant à l’ordinateur, sa remise en état semble impossible pour certains problèmes. Je poursuivrai donc avec le matériel tel quel en attendant de me décider d’en acheter un nouveau. Chaque chose en son temps…

     

    Comme promis, la suite des questions-réponses au sujet de mon ouvrage Edgar P. Jacobs, Témoignages inédits.

     

    Patrick V : Il y a une chose pour laquelle tu pourrais m’aider : je ne visualise pas bien la disposition des lieux dans le Bois des Pauvres (la route de Genleau, le chemin menant à la villa, les sentiers 69 et 70). Pourrais-tu me faire un petit plan, cela m’aiderait lors de la relecture, car ton livre est si riche que je compte bien le relire.

     

    Bois des Pauvres 001

    VQ : Merci Patrick et à tous ceux qui se sont manifestés d’une manière ou d’une autre !

    Voici quelques explications du plan ci-contre réalisé par E. P. Jacobs dans les années 1960.

     

    Faignart : prairie et au fond (extrémité gauche) le Bois des Indiens.

    La ligne oblique, séparant la prairie du verger, correspond à un talus au-dessus duquel je me cachais pour tirer sur les soi-disant Indiens de mon imagination.

    Hachuré en vert : le bois de sapins Douglas et le bois de feuillus.

     

    La route de Genleau est tracée à l’horizontale au sud (en dessous sur le plan).

    Le chemin du Bois des Pauvres passe entre les propriétés Roch, Delpierre, Nyns et Goossens. 

    On aperçoit le trait représentant la barrière à l’entrée de la propriété de Jacobs. 

    La courbe à droite représente la séparation d’une pelouse et le bois de sapins Douglas ; le sentier n° 70 entrait dans la propriété en suivant cette courbe et se poursuivait vers l’est dans le bois ; l’ancien chemin d’accès à l’époque du docteur Galland suivait plus ou moins la courbe plus à l’est, carrément dans le bois.

    Le chemin tracé à l’encre depuis la barrière est le chemin menant encore aujourd’hui à la villa.

    On peut deviner le sentier n° 69 tracé au crayon depuis la barrière, longeant la propriété de Nyns et se poursuivant en partie dans la prairie.

     

  • Blake et Mortimer 4 in Maxéville

    J’ai visité l’exposition Blake et Mortimer 4 in Maxéville avec Roland Francart. C’était le jour du vernissage et nous avons été filmés à plusieurs reprises.

    Ci-dessous, la vidéo complète et ici le lien menant directement sur Roland et moi pendant notre visite.

     

     

    http://www.dailymotion.com/swf/xcxhjg&v3=1&related=1

  • Au Salon BD de Roubaix

    En conférence et en dédicace à Roubaix

     

    Frank Pé parrainera le cinquième Salon de la BD et des arts graphiques

    mardi 20.04.2010, 05:08La Voix du Nord

     L'affiche a été réalisée par Frank Pé, avec des références au  musée La Piscine. Superbe! L’affiche a été réalisée par Frank Pé, avec des références au musée La Piscine. Superbe!

    |  BULLES |

    La cinquième édition du Salon de la bande dessinée et des arts graphiques se tiendra le week-end prochain à la salle Watremez. Une manifestation née du partenariat entre le Lion’s club Roubaix-Sart, la Ville et le Furet du Nord.

     

    PAR MARTINE DIEUDONNÉ

    mdieudonne@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »

    La cuvée 2010 se place une fois encore sous le signe de la diversité culturelle puisque ses objectifs sont de permettre aux auteurs et à leur public de se rencontrer, mais également de présenter tous les métiers liés à l’univers de la BD et des arts graphiques. Cette année, le parrain de la manifestation n’est autre que Frank Pé, dessinateur et créateur du personnage de Broussaille.

    Pour le Lion’s, partenaire du salon, le but est bien évidemment de récolter des fonds pour les « bonnes oeuvres », notamment Amitié Partage, mais… pas seulement. « Nous tenons aussi à aider la ville de Roubaix à se refaire une image. Une ville un peu sinistrée par rapport à l’époque glorieuse du textile que l’on a connue… Alors nous sommes solidaires de Roubaix et nous ferons tout pour lui redonner une image sympathique », explique Bernard Deschamps, président du Lion’s Roubaix-Sart.

    C’est à la Condition Publique que le Salon de la BD a fait ses premiers pas. C’est à la salle Watremez qu’il s’épanouit désormais, au coeur du quartier des créateurs. La dernière édition a drainé 4 500 visiteurs sur deux jours, preuve, s’il en est besoin, que la manifestation s’est taillé une place au soleil, parmi les 30 salons de la BD qui existent dans la métropole ! Il a fallu une dizaine de mois de travail pour le mettre sur pied, avec le concours de jeunes stagiaires en communication de l’EFAP.

    Cette cinquième édition s’articulera autour de six pôles : le pôle auteurs (ils seront une quarantaine), l’espace formation (avec le lycée Le Corbusier de Tourcoing), les arts graphiques (avec un atelier de lithographie), les ateliers jeunesse, la bourse à la BD (une quinzaine de vendeurs de BD collector) et l’exposition Edgar Pierre Jacobs, La Marque du fantastique, de Benoît Verley.

    Viviane Quittelier, petite-fille par alliance d’E.-P. Jacobs (elle avait 31 ans quand il est mort en 1987), dédicacera son livre, une biographie de son aïeul, père de Blake et Mortimer, au Furet du Nord, le vendredi 23 avril, et sera présente sur le salon les samedi 24 et dimanche 25 avril.

    Comme chaque année, un jeune auteur sera mis à l’honneur, à l’issue du week-end. Cette année, cinq concurrents disputent le très convoité Prix du jeune auteur, récompensé par un chèque de 500 euros. Les prétendants n’ont jamais publié d’ouvrage. Ils ont proposé une oeuvre qui a été lue par un jury spécialisé dans la BD, et composé de quatre personnes. Peut-être une occasion de se lancer définitivement dans le métier.

    Une vente aux enchères sera organisée pendant le week-end par le Lion’s Club au bénéfice d’Amitié Partage. Des auteurs ont envoyé leurs BD dédicacées, qui seront proposées au public afin d’aider cette association. L’inauguration du salon aura lieu le vendredi 23 avril à 19 h 30 au musée La Piscine et sera suivie d’une conférence de Frank Pé et Viviane Quittelier.

    Salon de la BD et des arts graphiques, samedi 24 avril de 10 h à 19 h et dimanche 25 avril de 10 h à 18 h à la salle Watremez. Entrée gratuite.

    Collé à partir de <http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Roubaix/actualite/Secteur_Roubaix/2010/04/20/article_frank-pe-parrainera-le-cinquieme-salon-d.shtml>

     

  • Questions et réponses sur E. P. Jacobs (4)

    Voici encore quelques questions et réponses au sujet de Edgar P. Jacobs, Témoignages inédits :

     

    Nicolas G : M’intéressant également à l’œuvre d’Hergé, j’aurais voulu savoir si vous en savez davantage à propos du projet commun avorté mené sous le pseudonyme d’Olav ? Qui en a eu l’idée ?

    A propos de ce pseudonyme, sauriez-vous d’où il provient ? J’y note les premières lettres du nom du méchant Olrik.

     

    V Q : Je revois mon grand-père lorsqu’il m’a tout expliqué au sujet d’Olav. Hélas, je n’ai pu retenir que de maigres éléments.

    Je pense me souvenir que l’idée du pseudonyme d’Olav proviendrait de Jacobs et qu’il n’y aurait pas de lien avec le nom d’Olrik, mais plutôt du roi de Suède.

     

    Nicolas G : Hergé dans ses entretiens avec Numa Sadoul rapporte qu’il s’est inspiré en partie d’E.P. Jacobs pour le capitaine Haddock. Jacques Martin spécifie quant à lui, qu’il reconnaît dans les mésaventures de Haddock autant d’incidents arrivés au créateur de Blake et Mortimer. J’ai bien noté dans votre ouvrage l’allusion à sa chute sur la scène de l’opéra de Lille reproduite au début des « 7 boules de cristal » (p.133). Peut-être aussi peut-on penser qu’en ajoutant un certain « Jacobini » sur l’affiche de l’opéra de Szohôd à côté de la Castafiore dans « L’Affaire Tournesol » (p. 54 case 13), Hergé a-t-il voulu rendre hommage à Jacobs et à l’anecdote que vous rapportez page 166 de votre ouvrage ?

     

    V Q : C’est fort probable.

     

    Nicolas G : Reconnaissez-vous E.P. Jacobs dans certains gestes ou situations prises par le capitaine Haddock ?

     

    V Q : Il y a en effet certaines ressemblances dans les attitudes, bien que Haddock soit un personnage à part entière ne pouvant pas être comparé à 100 % à Jacobs. Hergé s’est inspiré en partie d’E. P. Jacobs, sans plus, comme vous l’avez souligné plus haut, au début de la question 2.

     

    (A suivre…)

     

  • Questions et réponses sur E. P. Jacobs (3)

    Les 5 jours de Grenoble 2010

    Rencontre du dimanche 7 mars 11 h salle Vercors.

     

    Les 5 jours de Grenoble - conférence-Jacobs_8088Le débat était animé par Jean-François Douvry, auteur de la préface de Edgar P. Jacobs, Témoignages inédits. Jean-François Douvry a insité sur le fait que l’on dispose, sur un grand auteur de bandes dessinées, du témoignage circonstancié d’un membre de son cercle le plus proche, mis à part le livre de Chantal Trubert sur son père, un auteur moins célèbre : Jean Trubert et ses Amis, 2005, éd. L’âge d’or.

     

    Pour la petite anecdote, Edgar P. Jacobs a bien connu Jean Trubert. Il s’était rendu chez lui avec ma grand-mère Jeanne et des courriers ont été échangés. 

     

    Certains se demanderont : qu’ai-je répondu aux nombreuses questions posées dans ce débat et surtout quels sont les éléments neufs que j’aurais pu apporter après la parution de mon livre ? 

     

     

    Voici comment m’est venue l’idée de me lancer dans l’aventure :

     

    Les 5 jours de Grenoble - conférence-Jacobs_8091Dès le lendemain de la mort d’Edgar P. Jacobs, je me suis dit que mes connaissances sur sa vie et la genèse de son œuvre pouvaient intéresser les fans de Blake et Mortimer. A l’époque, j’ai préféré reporter le projet, lorsque les circonstances de la vie me donneraient du temps libre. Peu après la sortie de La damnation d’Edgar P. Jacobs, Benoît Mouchart et François Rivière, Seuil/Archimbaud, 2003, Benoît Mouchart m’a suggéré d’écrire un livre de mémoires sur mon grand-père. J’ai commencé par rédiger les souvenirs les plus marquants sous forme de petites histoires inédites. La parole fut donnée au créateur de Blake et Mortimer telle que je pouvais m’en rappeler. J’ai ensuite intercalé les faits chronologiques afin de suivre un fil conducteur. J’ai encore incorporé des témoignages de quelques proches. Cela a donné une biographie constituée de témoignages inédits.

     

  • Rencontre aux 5 jours de Grenoble (2)

    Les 5 jours de Grenoble - foire de printemps

     

     

    Les 5 jours de Grenoble

     

     

     

     

     

     

    Pour la dix-neuvième édition des Cinq jours BD de Grenoble, l’association Dauphylactère avait convié les passionnés du neuvième art à son grand rendez-vous annuel de l’Alpexpo.

     

    Les 5 jours de Grenoble - InaugurationUne grande exposition était consacrée à Christian Lax, l’invité d’honneur. On pouvait notamment y admirer les planches de son dernier album Pain d’alouette.

    De gauche à droite : Michel Destot, maire de Grenoble, Christian Lax et Michel Jans des éditions Mosquito.

     

     

    Les 5 jours de Grenoble - Marc WasterlainPlus de trente auteurs talentueux venus de toute l’Europe et même de Russie et du Mexique et des États-Unis l’accompagnaient, ils ont dédicacé leurs œuvres et ont échangé avec le public.

    Assis à ma gauche Marc Wasterlain, en dédicace.

     

     

     

     

    Enfin une exposition hommage à la coloriste d’Hergé, Josette Baujot, disparue l’an dernier. J’ai eu la chance de faire sa connaissance aux Studios Hergé lorsque E. P. Jacobs m’y avait emmenée.

     

    Des tables rondes ont aussi permis de rencontrer les auteurs, le directeur de la collection Adonis chez Glénat et moi-même venue de Belgique présenter mon livre Témoignages inédits.

    (A suivre…)

     

  • Questions et réponses sur E. P. Jacobs (2)

    Voici une nouvelle série de questions et leurs réponses.

     

    Marc Jaune :

    En page 20, une interrogation d’Edgar lui-même : « je ne suis pas sûr d’être le fils de mon père ». By Jove !! Vous en a t’il reparlé d’autres fois en vous confirmant ses soupçons, ou bien était-ce une simple réflexion nostalgique en évoquant son paternel ?

     

    Viviane Q :

    Non, il ne me l’a dit qu’une seule fois et cela correspond à mes souvenirs relatés dans l’ouvrage. Jacobs ne m’a d’ailleurs jamais raconté deux fois la même histoire.

     

    Marc Jaune :

    En page 54, une allusion à la rivalité avec Jacques Martin. Au fil du livre on peut voir que Jacobs ne le supportait absolument pas et l’accusait de le copier systématiquement. Je ne suis pas un grand spécialiste de la BD franco-belge des années 50 60 mais, y avait-il tant de dessinateurs que ça qui copiaient ou, qui s’inspiraient des aventures de Blake et Mortimer ?

     

    Viviane Q :

    Il y en a eu quelques-uns, mais Jacobs ne leur en a pas voulu comme à Jacques Martin, parce que ce n’était pas systématique, d’après les dires de Jacobs. Jacobs connaissait bien la petite histoire de Bastien et Bastienne, un singspiel de Mozart. Curieusement, un des airs a été composé par Beethoven. Mozart l’a-t-il copié sciemment ou sans s’en rendre compte ? L’enfant prodige avait une excellente mémoire et était capable d’écrire la partition d’un morceau après l’avoir entendue jouer une seule fois. Phénomène logique attribué aux autres dessinateurs ayant vu un dessin de Jacobs dans le journal Tintin sans avoir l’intention de s’en servir. Les similitudes n’étaient que très partielles.

     

    Marc Jaune :

    En page 233, au sujet de « L’énigme de l’Atlantide » vous dites que Jacobs a dû, sous la pression des lecteurs, remanier son scénario pour faire réapparaître Olrik. Je pense qu’il a dû être, plus qu’énervé, par ce fichu contretemps.

     

    Viviane Q :

    Vous ne me le faites pas dire… Je n’ai pas vécu l’événement, mais sa façon de me le raconter a prouvé son énervement !

     

    Marc Jaune :

    A propos de cet album, avez-vous vu le synopsis original avec la mention des extra-terrestres en première partie et la dernière partie sans Olrik ?

     

    Viviane Q :

    Jacobs me l’a montré. Je me rappelle qu’il me l’a expliqué, mais je ne me souviens plus de ce qu’il m’a dit.

     

    Marc Jaune :

    Maintenant une interrogation plus technique. Dans ses derniers albums, notamment L’affaire du collier et Les 3 formules du Professeur Sato, Jacobs dessinait des cases sans décor en fond blanc avec un personnage. Cette manière de procéder m’a toujours troublé et un peu gêné, car cela casse la continuité de la lecture. Bien sûr, c’était absolument volontaire de sa part pour mettre en valeur certaines cases. Avez-vous eu des confidences à ce sujet de la part de votre grand-père ?

     

    Viviane Q :

    Oui, il l’a fait pour gagner du temps. D’ailleurs, la première case sans décor en fond blanc apparaît page 35 dans L’Affaire du Collier. Pour rappel, la parution dans le journal Tintin, qui a démarré à deux pages par semaine, se réduit à une seule planche à partir de la page 31. Jacobs n’avait qu’une maigre avance de planches entièrement terminées et il a dû accélérer le rythme de sa production. Il a donc réduit les décors de la case 5 de la page 35. Il a attendu les trois semaines nécessaires à la publication pour se rendre compte qu’il n’y a eu aucune réaction de la part de la rédaction (pages 36, 37 et 38). Il a réitéré la réduction du décor page 39 (cases 2 et 7) en espérant que le public ne réagisse pas non plus. Il a seulement osé réduire les décors à néant à partir de la page 41 (case 2 et la dernière) et a continué au fil des pages, puisque personne n’a réagi à son initiative.